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La représentation des parents dans la littérature Jeunesse

Intervention de Mme Yvanne Chenouf, lors de la journée célébrant les 10 ans du REAAPY, le 24 novembre 2009.

Parents de livres

DES ROIS, DES GEANTS, DES PUISSANTS ! Il semble bien fini le temps où les parents de livres personnifiaient ces puissances tutélaires incontestables, censées veiller sur l’enfant chétif, menacé de mille dangers ou bien se prémunir de lui en l’éliminant. Il est loin le temps où, pour mieux symboliser cette puissance absolue, les parents étaient des rois ou des bûcherons, garants intemporels d’un bonheur originel parfaitement idéalisé.

« Le ‘royaume’ du conte, n’est pas autre chose que l’univers bien clos et bien délimité où se joue le drame premier de l’homme. »

Le roi de ce royaume est surtout un époux et un père dont la richesse et la puissance n’existent que pour donner du relief à son autorité paternelle car, à vrai dire, jamais on ne le voit exercer ses fonctions royales, jamais on ne le voit régner ailleurs que sur sa famille. « Le roi… est simplement un homme défini par ses liens charnels et affectifs avec les membres de sa famille. Il n’est jamais célibataire, et quand il est veuf, ce qui lui arrive assez souvent, il n’a pas d’affaires plus pressée que de se remarier. »

Dans Cendrillon (frères Grimm), après le décès de la mère, on peut lire : « Quand vint l’hiver, la neige mit un tapis blanc sur la tombe et quand le soleil du printemps l’eut retiré, l’homme prit une autre femme. »

Dans Blanche Neige, dès que la reine eut mis son enfant au monde, elle décéda à son tour, et : « Un an plus tard, le roi prit une autre épouse. »

Le roi étant seulement perçu en tant qu’époux et que père, la reine peut difficilement échapper aux fonctions d’épouse, de mère ou de marâtre, ange gardien ou bête noire du foyer. Ce noyau familial, idéalisé, fait de la royauté le symbole d’un bonheur parfait, véritable ligne de mire des jeunes héros, même infortunés, qui, par alliance ou par hasard deviendront aussi heureux que leurs parents imaginaires, « jusqu’à la fin des jours ». Le bon parent est un pauvre abreuvé d’humiliations, un faible dominé par sa femme ou une morte. Les mauvais parents abandonnent leurs enfants dans la forêt, les éliminent en cas de rivalité potentielle, quand ils ne poursuivent pas leur fille de leurs assiduités.

Terriblement aimé ou farouchement haï, l’enfant n’a d’autre solution, pour rester en vie que de « se sauver », que de s’enfuir. Mais il n’est pas débarrassé pour autant de ses parents :

« … car les parents ont partout dans le vaste monde des représentants sinistres qui, sous la forme d’ogres, de dragons, de sorcières et d’esprits malins, exécutent avec joie leurs plus noirs desseins. »

À l’époque des contes, quand la naissance comportait tant de risques, naître représentait un exploit .....

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PARENTS DE LIVRES